Le Trophée Jules Verne

Le Tour du Monde en équipage sans escales et sans assistance


L'idée de partir sur les traces de Philéas Fogg, héros de Jules Verne dans le Tour du Monde en quatre-vingt jours, est née pour la première fois dans l'esprit d'Yves Le Cornec en 1984, après la Transat Québec Saint-Malo qu'il vient de réaliser sur le trimaran géant William Saurin d'Eugène Riguidel, en effet à 13 nœuds de moyenne, le tour du monde peut être bouclé en moins de 80 jours, cependant aucun sponsor n'est séduit par ce rêve.

Il faudra attendre 1990 pour qu'un groupe de marins, réunis autour d'Yvon Fauconnier, relancent l'idée de tourner autour de la planète en 80 jours à la voile. Ce groupe est constitué de Titouan Lamazou, Bruno et Loick Peyron, Florence Arthaud, Jean Yves Terlain le Néo-zélandais Peter Blake et l'anglais Robin Knox Johnston, ils décident ensemble des principes fondamentaux de ce défi.

Les règles du Trophée Jules Verne :

Préambule
Le "Trophée Jules Verne" est unique et récompensera le challenger qui aura amélioré le record du tour du monde à la voile. Il sera dépositaire du Trophée et le conservera jusqu'à ce que son record soit amélioré. Le Trophée dans ce cas sera transmis au nouveau recordman.
 
Parcours
Couper la ligne de départ définie par une ligne imaginaire, reliant le phare de Créac'h sur l'île d'Ouessant et le phare du Cap Lizard. Faire le tour du monde en laissant à bâbord le Cap de Bonne Espérance, le Cap Leeuwin et le Cap Horn. Recouper la ligne définie ci-dessus en sens inverse.
 
Date et pérennité
La ligne de départ est déclarée ouverte à la date de l'approbation officielle du règlement par l'IYRU/WSSRC.

 
Participants
Les navires seront propulsés par la seule force du vent et de l'équipage et toute sorte d'énergie non propulsive sera autorisée. Le Trophée est ouvert à tout type de bateau sans restriction.

 

 


© Gilles Martin-Raget, avec son aimable autorisation
Site web : www.martin-raget.com

 

 

Tentatives et records:

Pour plus de détails, je vous conseille le site :  www.fralo.info/index.html, qui propose les carnets de bord de certains équipages.

1993, le parcours initiatique, 3 partants:

 -Charal d’Olivier d'Olivier de Kersauson : trimaran de 27 mètres

 - Enza New Zealand de Peter Blake et Robin Knox-Johnston: catamaran de 25,90 mètres

 - Commodore Explorer de Bruno Peyron : catamaran de 26 mètres

 

 

 L'un des accords du groupe initiateur du Trophée est rompu en 1992, en effet  il était prévu que les tentatives se feraient sur des bateaux neufs construits pour ce record, l'annonce d'Olivier de Kersauson d'une tentative l'année suivante prend les protagonistes de court, ceux-ci ne voulant pas laisser ODK partir seul, ils préparent en hâte des catamarans existants, l'ex Jet Services V pour Bruno Peyron et l'ex Formule Tag pour Peter Blake et Robin Knox-Johnston.

 Charal est le premier à s'élancer suivi à une semaine par Enza, lui-même suivi par Commodore, Bruno Peyron et son équipage parviennent à rattraper le bateau néo-zélandais dans la descente de l'Atlantique, ils sont cueillis dans les 40èmes par une violente dépression qui les obligera à naviguer à sec de toile dans des vagues de 15 mètres, peu après Olivier de Kersauson annonce son abandon suite à une collision avec un growler au sud de Cap Town, cet abandon sera suivi une dizaine de jours plus tard par celui d'Enza après une collision avec un OFNI. La route est donc libre pour Commodore qui aligne des journées à 500 milles sur l'océan Indien et sur le Pacifique, la menace des glaces dérivantes est évitée, mais les six hommes du catamaran vont à nouveau faire face à une situation périlleuse près du célèbre Cap Horn, une nouvelle dépression génère des vents de 80 nœuds, le bateau se retrouve à nouveau à sec de toile, l'équipage se voit même contraint de se mettre en fuite devant les éléments déchaînés. La remontée de l'Atlantique est plus calme malgré des collisions avec des baleines qui restent heureusement sans conséquences, Bruno Peyron et ses hommes se présentent au large d'Ouessant après 79 jours et remportent le Trophée dès leur première tentative.

 



© Gilles Martin-Raget, avec son aimable autorisation
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Bruno Peyron, Olivier Despaignes, Cam Lewis, Marc Vallin et  Jacques Vincent deviennent les premiers détenteurs du Trophée Jules Verne en 79 jours, 6 heures, 15 minutes et 56 secondes (moyenne de 11,35 nœuds).

 

 

1994, la revanche, 2 partants :

 - Lyonnaise des Eaux-Dumez d'ODK : trimaran de 27 mètres

 - Enza New Zealand de Peter Blake et Robin Knox-Johnston: catamaran de 25,9 mètres

 

 Les deux adversaires partent tambour battant pour leur tour du monde, aucun des deux ne voulant céder à l'autre le moindre mille, à ce jeu l'équipage anglo-saxon se montre meilleur grâce à des choix météorologiques judicieux. Cependant l'équipage français ne s'avoue pas vaincu et effectue une belle remontée et obtient un record de vitesse sur 24 heures, mais malgré leurs efforts le bateau néo-zélandais reste en tête. La remontée de l'Atlantique sera difficile pour les leaders et se terminera au large d'Ouessant dans une tempête impressionnante, le bateau franchissant la ligne d'arrivée à sec de toile à plus de 20 nœuds tout en traînant derrière lui des cordages et des chaînes pour le ralentir.

 



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Peter Blake, Robin Knox-Johnston, Paul Stanbrigh, David Alan-Williams, Dod Whright, Ed Dandy deviennent les seconds détenteurs du Trophée Jules Verne en 74 jours, 22 heures, 17 minutes et 22 secondes (moyenne de 12 nœuds) , ils améliorent donc le record de 4 jours et 8 heures.

 

Olivier de Kersauson et son équipage breton passent la ligne quelques jours plus tard, ils battent le temps de Bruno Peyron de 2 jours, en bouclant ce tour du monde en 77 jours et 5 heures, ce qui ne satisfait nullement le skipper du trimaran.

 

1995,1996 : le Trophée, l’obsession de Kersauson 1 partant

 - Sport Elec d'ODK : trimaran de 27 mètres

 Olivier de Kersauson s'accroche à ce record qui lui échappe depuis plusieurs années, il multiplie les tentatives, en améliorant sans cesse son bateau, cependant les tentatives de 1995 et 1996 seront avortées du fait de conditions météo défavorables ne permettant pas de battre le temps d'Enza.

 

1997, le tour victorieux d’OdK, 1 partant :

  - Sport Elec d'ODK : trimaran de 27 mètres

 Olivier de Kersauson et son équipage s'élancent à nouveau à l'assaut de ce record le 6 mars, la descente vers l'Equateur est particulièrement laborieuse du fait de vents faibles, le retard sur le temps du record s'accumule de façon inquiétante, une fois la ligne imaginaire franchie la situation s'améliore le bateau retrouvant du vent peut allonger la foulée et faire son entrée dans le Grand Sud, une bulle dépressionnaire les contraint à plonger très sud, ils passent plus de 3 semaines sous la menace des glaces. Ils arrivent au Cap Horn avec une journée et demi d'avance sur le temps d'Enza, cette avance se fera et se défera dans la remontée de l'Atlantique, finalement le trimaran blanc du Brestois franchit la ligne avec plus de 3 jours d'avance sur le temps du record, offrant à son skipper le record tant espéré depuis 1993.

Olivier de Kersauson, Didier Gainette, Hervé Jan, Michel Bothuon, Yves Pouillaude, Thomas Coville, Marc le Fur deviennent les troisièmes détenteurs du Trophée Jules Verne en 71 jours 14 heures 22 minutes 08 secondes moyenne (12,66 nœuds).

 

1998, le Tour du Monde au féminin, 1 partant :

 - Royal and SunAlliance de Tracy Edwards : catamaran de 25,9 mètres

 Tracy Edwards a décidé de repartir sur le mêmes bases que lors de sa Whitbread 1990 (ex Volvo Ocean Race, tour du monde en équipage avec escales sur monocoques), soit un équipage 100% féminin, cette formule semble efficace puisqu'elles arrivent à prendre une certaine avance sur le temps du record, cependant leur bateau l'ex Enza démâte au large du Cap Horn, mettant fin à cette tentative.

 

2002, le duel breton, 2 partants :

- Géronimo d’Olivier de Kersauson : trimaran de 34 mètres
- Orange de Bruno Peyron : catamaran de 33,50 mètres

 


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  Bruno Peyron et son équipage prennent le départ le 14 février, hélas quelques heures après le passage de la ligne, la tête de mât se brise, malgré une préparation minutieuse. Le même jour, le trimaran d’Olivier de Kersauson est mâté dans le port de Brest, Géronimo avait aussi perdu sa tête de mât au mois de novembre. Le catamaran Orange se dirige vers le chantier Multiplast qui effectue une réparation express.


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Le trimaran gris ne s’attarde pas à Brest et part dès le 17 février pour améliorer le chrono de son prédécesseur, la partie nord l’Atlantique Nord est favorable et l’équipage aligne de belles journées, le passage du Pot au Noir est beaucoup plus complexe étant donné l’étendu des calmes, il faudra 4 jours à Olivier de Kersauson et son équipage pour sortir de cette zone, ils atteignent l’équateur avec 48 heures de retard sur l’ancien chrono d’ODK. La tentative s’arrête peu après suite à un problème de cavitation sur l’unique safran de la coque centrale, la barre se bloquant à haute vitesse, la poursuite de la tentative s’avérant trop dangereuse, le trimaran fait demi-tour vers Brest pour résoudre ce problème.

Orange reprend la mer le jour de l’abandon de Géronimo, pour prendre le départ le lendemain matin, la première journée est agitée avec des vents de 40 nœuds sur le Golfe de Gascogne, la première partie de l’Atlantique Nord est avalée à un rythme élevé, le passage du Pot au Noir bien que moins douloureux que celui de Géronimo ne permet pas de battre le record intermédiaire Ouessant-Equateur qui reste la propriété d’Enza. L’Anticyclone de Saint Hélène lui aussi particulièrement étendu oblige le catamaran a allongé sa route, cependant il conserve une avance sur le précédent record malgré une avarie de chariot de têtière de grand voile, qui nécessitera une réparation de quelques heures.

Le 18 mars, le catamaran franchit le Cap de Bonne Espérance, l’entrée dans les quarantièmes est musclée 45 nœuds de vent, mer croisée, la situation s’aggrave quelques jours plus tard le 24 mars, le bateau fait face à des vents de 65 nœuds dans une mer toujours aussi difficile, la priorité va à la sécurité d’où une mise à la cape de quelques heures pour préserver hommes et bateau. La tempête laissera des traces puisque qu’un délaminage de la poutre arrière est détectée, cependant la réparation permet au catamaran de poursuivre sa route, les performances sont à nouveau au rendez-vous avec des journées avoisinants les 500 milles.

La longitude du Cap Leeuwin est franchie le 31 mars avec une trentaine d’heures d’avance sur l’ancien chrono du Trophée.  Le Pacifique se montre plus clément que l’Océan Indien, avec une mer favorable et des vents maniables (25-35 nœuds).

Le Cap Horn est franchi le 13 avril avec 5 jours d’avance sur le record d’Olivier de Kersauson.

Le retour en Atlantique signifie le plus souvent la fin des ennuis, ca ne sera pas le cas pour Orange, en effet une fissure est détectée lors d’une inspection de routine sur la rotule de mât, Yves le Blevec et Ronan le Goff réussissent à réaliser un manchon sur la pièce pour la consolider. Bruno Peyron, après consultation des architectes du bateau, décide de continuer la tentative, pour diminuer les efforts sur le mât, la route sera allongée, l’équipage évite le près qui sollicite plus le mât ce qui pourrait compromettre la réparation.

Le bateau pointe ses étraves au large d’Ouessant le 5 mai après 64 jours, 8 heures, 37minutes et 24 secondes. Le temps du record est donc amélioré de plus d’une semaine.

 


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Bruno Peyron et ses douze hommes d’équipage : Gilles Chiorri, Hervé Jan, Nick Moloney, Yann Eliès, Benoît Briand, Sébastien Josse, Roan Le Goff, Jean-Baptiste Epron, Florent Chastel, Vladimir Dzalda-Lyndis, Yves Le Blevec, Philippe Péché remportent le Trophée Jules Verne après 52000 milles à près de 14 nœuds de moyenne.


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Bruno Peyron est le premier skipper à s’emparer du Trophée pour la deuxième fois.

2003, Bretagne-Grande Bretagne : 0-0, 2 partants 

- Géronimo d’Olivier de Kersauson : trimaran de 34 mètres

Ki- Kingfisher 2 d'Ellen MacArthur : catamaran de 33,50 mètres



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Géronimo s’élance sur ce tour du monde le samedi 11 janvier, la première partie de l’Atlantique est avalée à haute vitesse, l’équipage établi le meilleur temps intermédiaire entre Ouessant et l’équateur en 6 jours, 11 heures et 26 minutes, le trimaran possède 1 jour et demi d’avance sur le temps établi par Orange l’année précédente. Olivier de Kersauson et ses dix équipiers traversent brillamment le Pot au Noir puis choisissent une route orientée vers l’Amérique du Sud pour éviter un anticyclone, le détour ne sera pas trop pénalisant, Géronimo conserve un net avantage sur le temps de référence à l’approche du Cap de Bonne Espérance.

Le Cap de Bonne Espérance est franchi le 27 janvier, l’équipage bat à nouveau des temps intermédiaires : Ouessant-Bonne espérance et Equateur-Bonne Espérance, plus important le trimaran possède plus de 2 jours d’avance sur le record après avoir parcouru un quart du parcours.

Le jour du passage du Cap de Bonne Espérance par l’équipage breton, la talentueuse navigatrice Ellen MacArthur et ses treize hommes d’équipage quittent Lorient pour rallier la ligne de départ à Ouessant, hélas un rail de grand voile arraché les contraint à se dérouter vers Plymouth pour des réparations, reportant le départ de Kingfisher II (ex-Orange, détenteur du Jules Verne) de quelques jours.

Kingfisher II coupe la ligne de départ le 30 janvier, la jeune navigatrice compte bien faire aussi bien que Bruno Peyron qui avait battu le record l’année précédente sur le même bateau, elle peut compter sur un équipage très expérimenté.

L’Océan Indien se montre moins clément que l’Atlantique pour Géronimo, les conditions de mer sont difficiles, les cinquantièmes se montrent très hostile à l’approche de la longitude du Cap Leeuwin, obligeant le skipper à remonter vers le Nord, le bateau sera cependant fortement secoué (60 nœuds de vent et une mer déferlante). L’avance au niveau du cap augmente encore plus de 1000 milles soit environ 3 jours.

 Ellen MacArthur et son équipage peinent au niveau de l’Equateur, ils franchissent la ligne imaginaire avec 3 heures d’avance sur le chrono de référence, mais avec 1 jour et 7 heures de retard sur le temps de Géronimo, les hommes de MacArthur vont devoir faire parler la poudre pour combler leur retard.

 Géronimo a fait son entrée dans l’Océan Pacifique, les conditions de navigation sont meilleures et l’équipage conserve une avance non négligeable malgré une route plus nord et par conséquent plus longue. Hélas les conditions ne restent pas favorables longtemps, des growlers au sud et de fortes dépressions au nord obligent l’équipage à tirer des bords pour rejoindre le Cap Horn qui est franchi le 20 février, l’avance du trimaran est réduite à 1 jour et 10 heures, mais un nouveau record intermédiaire est à nouveau battu : Ouessant-Cap Horn en 40 jours et 16 heures.

Cette avance va encore se réduire dans le début de remontée de l’Atlantique Sud, en effet un système anticyclonique bloque le passage du trimaran qui va être obligé de traverser une zone de calmes très étendue.

Du côté de Kingfisher II, les nouvelles sont encore plus mauvaises, le catamaran a démâté le 23 février au sud est des îles Kerguelen alors qu’il naviguait sous grand voile haute et gennaker maxi, l’aventure s’arrête et le catamaran fait route sous gréement de fortune vers l’Australie.

Géronimo atteint l’Equateur le 5 mars, les calmes rencontrés par le trimaran ont eu raison de son avance, au niveau de la ligne imaginaire, les hommes de Kersauson ont près de 5 heures de retard sur le record. Les jours suivants, l’équipage traverse le Pot au Noir, et réussi à gagner les alizés et à reprendre de la vitesse, le trimaran repasse en tête avant d’arriver au niveau de l’anticyclone des Açores.

Le 12 mars, Géronimo  passe entre les îles des Açores, leur route est plus directe que celle d’Orange qui avait du allonger le sienne pour soulager son mât, cependant rien n’est fait puisque la situation météorologique sur la partie restante est très perturbée.

Le 13 mars, la partie est quasiment terminée, le trimaran est retombé dans une zone de calme, alors qu’Orange avait disposé de conditions favorables sur cette fin de parcours. Le lendemain le temps du record est dépassé alors que Géronimo continue sa progression dans des vents très faibles (3à5 nœuds).

Le 20 mars, au 68ème jour de mer, l’équipage de Géronimo franchit la ligne d’arrivée, le Trophée Jules Verne reste la « propriété » des hommes de Bruno Peyron.

2004 : l’année de la discorde : 2 partants, 3 prétendants au Trophée :

- Géronimo d’Olivier de Kersauson : trimaran de 34 mètres
- Orange 2  deBruno Peyron : catamaran de 36,80 mètres
-
Cheyenne de Steve Fossett : catamaran de 37,90 mètres

 Le premier à s'élancer est Cheyenne le 7 février*, suivi de près par OdK et ses hommes qui partent le lendemain, cependant après un bon début, il est contraint de faire demi-tour au milieu de l'Atlantique Nord suite à des avaries sur deux de ses trois gennakers, voiles indispensables pour la suite de son tour du monde. Chassé-croisé du côté français, OdK rentre à Brest pendant qu'Orange 2 s'élance à son tour le 18 février, mais Bruno Peyron sera lui aussi contraint de faire demi-tour après la rupture de la crash box d'étrave tribord le lendemain,là aussi l'avarie nécessite des réparations à terre.



© Gilles Martin-Raget, avec son aimable autorisation
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La voilerie retravaille les voiles de Kersauson et peut les livrer 15 jours plus tard, pendant ce laps de temps, Steve Fossett et son équipage continuent leur périple,malgré la rupture de l'étai (cable retenant le mât sur l'avant) le 23 février, que l'équipage arrive à réparer en mer, le bateau est dans les temps du record (19 heures d'avance à Bonne Espérance), la suite sera plus favorable au bateau américain qui rencontre un océan Indien idéal et coupe en passant très sud. Olivier de Kersauson et ses hommes repartent à l'assaut le 25 février, comme Bruno Peyron qui prend à nouveau la mer le lendemain après réparation de son étrave. Les deux bateaux entament un duel à distance, les vents sont faibles sur ce début de parcours et les français sont déjà en retard sur les temps du record à l'approche des îles du Cap Vert.

Nouveau rebondissement, le 3 mars l'équipage de Bruno Peyron tente une réparation à l'abri d'un volcan du Cap Vert, suite à une fissure dans le carénage de l'arbre d'hélice qui entraine une voie d'eau, la tentative sera vaine et le catamaran rejoindra sa base de Lorient pour de nouvelles réparations, remettant l'objectif Jules Verne à l'année suivante. Ce même jour Fossett et son équipage passent le Cap Leeuwin avec 3 jours et 17 heures d'avance sur le record de 2002. L'océan Pacifique sera plus difficile pour Fossett et son équipage international, les vitesses du catamaran diminuent et un nouveau problème technique vient perturber la bonne marche du bateau, le 13 mars, le rail de grand voile commence à se désolidariser du mât, obligeant à nouveau à une réparation.

Du côté de Géronimo, l'équipage réussit à limiter la casse,  et passe le premier cap du parcours en avance sur le temps du record et sur celui de Cheyenne avec 31 minutes d'avance sur le bateau américain. la suite est plus difficile, le trimaran brestois navigue dans la brume et dans une zone où de nombreux icebergs peuvent être présents, cependant le trimaran allonge la foulée et son avance augmente considérablement, Cheyenne passe le Cap Horn avec seulement  deux jours d'avance sur le record, son problème de rail de grand voile l'a semble-t-il beaucoup pénalisé

Géronimo est nettement ralenti à l'approche de la longitude du Cap Leeuwin, une zone sans vent l'empêche de progresser et fait fondre son avance, à la longitude du cap, le trimaran accuse un retard d'une journée sur le temps de Cheyenne, mais une avance de trois jours sur Orange, rien n'est perdu.... Sauf que la suite ne sera pas joyeuse, en effet après un passage dans la pétole et une plongée dans le sud pour couper au plus court, Kersauson et ses hommes rencontrent des conditions de mer difficiles et des vents forts, rendant  la naviguation dangereuse, les conditions de glisse ne sont pas là et les moyennes s'en ressentent.

Cheyenne après une dernière frayeur,  une fissure dans la poutre avant, renforcée  en mer, s'offre le record du tour du monde en équipage le 5 avril , cependant  la performance (58 jours 9 heures, 32 minutes et 45 secondes) est ternie par la manière, Steve Fossett, avant son arrivée au large d'Ouessant tente une négociation pour accéder au label Trophée Jules Verne, contre un gros chèque, l'association "Jules Verne" refusera et Cheyenne continura sa route vers l'Angleterre dans un relatif anonymat avant sa mise en vente*.

Géronimo passera le Cap Horn deux jours plus tard après près de 10 jours tenant plus de la survie que de la chasse au record, l'équipage reste en avance sur le temps d'Orange, mais a plus d'une journée de retard sur Cheyenne. La remontée de l4atlantique sera longue et sans espoir, des vents faibles anéantissent toute chance de battre Cheyenne, maigre consolation, en coupant la ligne entre Ouessant et Lizard le 29 avril après 63 jours13heures 59 minutes et 46secondes, Kerauson et ses hommes reprennent le Tophée à Bruno Peyron en sachant pertinament que le temps de référence pour les prochaines tentatives sera celui de Cheyenne.



©Thierry Martinez, avec son aimable autorisation
site web : www.thmartinez.com


 Steve Fossett, David Scully, Brian Thompson, Adrienne Cahalan, Guillermo Altadill, Mike Beasley, Fraser Brown, Mark Featherstone, Damian Foxall, Nick Leggatt, Paul Van Dyke, Jacques Vincent, Justin Slattery sont l'équipage le plus rapide autour de la planète en 58 jours 9 heures, 32 minutes et 45 secondes.


*Cheyenne s'élance sur le parcours du Jules Verne sans y être inscrit, une première, jusqu'ici les participants ont tous payé des droits pour prétendre au Trophée, ces droits permettent de péréniser le Jules Verne, Steve Fossett, pourtant milliardaire, a décidé de ne pas rentrer dans le cadre du Trophée. La première version a été que le skipper américain estimait que les droits pour une première participation étaient trop élevés (30000€, difficile à croire, pour quelqu'un qui réussit à armer un bateau tel que Cheyenne sans l'aide d'un sponsor), en fait Steve Fossett souhaitait sans doute, en cas de nécessité, pouvoir s'arrêter pour une escale technique, ce qui est interdit par le réglement du Trophée Jules Verne.


 

2005 : La démonstration de Peyron

- Orange 2  de Bruno Peyron : catamaran de 36,80 mètres

© Gilles Martin-Raget, avec son aimable autorisation
Site web : www.martin-raget.com


 Bruno Peyron et ses 13 hommes d'équipage coupent la ligne de départ le 24 janvier 2005, avec pour objectif de battre le temps de Steve Fossett qui est la référence absolue et celui d'Olivier de Kersauson pour réunir à nouveau les deux records en une seule référence : le Jules Verne.

L'équateur est franchi après 7 jours et 2 heures de mer, un temps assez bon qui permet à Orange 2 d'avoir plus d'une journée d'avance sur son concurrent virtuel Cheyenne. Cette avance va nettement s'acroitre les jours suivants grâce à une habile analyse météo et un passage de l'anticyclone des Açores très rapide. La suite reste constante, la puissance du catamaran permet à l'équipage de maintenir un rythme élevé et le Cap de Bonne Espérance est atteint après 14 jours 8 heures et 19 minutes, ce qui constitue un nouveau temps de référence, mais plus important qui porte l'avance d'Orange 2 sur Cheyenne à près de 4 jours!

L'entrée dans le grand sud pose quelques problèmes, des icebergs sont présents au large de l'Antarctique et empêchent une descente trop sud, le radar étant hors d'usage et une dorsale anticyclonique barre le passage au nord. Ce passage anticyclonique arrêtera le catamaran quelques heures, qui seront mises à profit pour effectuer un check up complet du bateau. Le bateau retrouve ensuite un flux d'ouest favorable qui le poussera vers le Cap Leuuwin qui est franchi après seulement 21 jours et 13 heures soit 23 noeuds de moyenne depuis le départ, l'avance acquise jusque là est maintenue, l'état de la mer se détériore obligeant l'équipage à lever (un peu!) le pied.

Le Pacifique sera avalé à une vitesse impressionante, le bateau passe le Cap Horn le 26 février après 32 jours 13 heures et 29 minutes, pulvérisant tous les temps intermédiaires incluants le Horn depuis le départ.L'avance du catamaran sur le temps du record se porte alors à 7 jours et 2 heures, impressionant, puisque la performance de Cheyenne paraissait dejà extraordinaire.

L'entrée dans l'Atlantique est musclée avec un pasasge des Malouines "au ras des cailloux" et à plus de 30 noeuds, le sans faute de l'équipage et du bateau est brutalement suspendu le 28 février après une collision avec un cétacé au large de l'Argentine, toujours à plus de 30 noeuds, le choc s'est produit au niveau de la dérive et plus grave au niveau du safran babord, l'équipage profitera d'une accalmie quelques jours plus tard pour plonger et examiner les dégâts. Ceux-ci ne sont finalement pas trop importants et ne demandent aucune réparation dans l'immédiat.

 Le catamaran repart donc à une vingtaine de noeuds vers l'Equateur qui est franchi le 6 mars après 40 jours et 19 heures, avec 9 jours d'avance sur le record de Steve Fossett! Le Pot au Noir est passé sans encombres, mais une zone de calmes étendue barre le passage du catamaran qui doit prendre une route nord ouest pour garder de la pression et se placer au mieux pour la partie fianle du sprint.

La fin du parcours est idéale, un flux de 30 noeuds qui permet au catamaran d'exprimer toute sa puissance, Le chrono sera arrêté le 16 mars 2005 à 3h23, Peyron et ses treize équipiers en finissent avec leur splendide tour du monde.


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Bruno Peyron, Roger Nilson, Lionel Lemonchois, Philippe Péché, Yann Elies, Ronan Le Goff, Sébastien Audigane, Jacques Caraes, Florent Chastel, Yves Le Blévec, Jean-Baptiste Epron, Nicolas de Castro, Ludovic Aglaor, et Bernard Stamm  deviennent les hommes les plus rapides autour du monde à la voile, ils réunissent le Trophée Jules Verne avec le record WSSRC, avec un temps de 50 jours 16 heures 20 minutes et 4 secondes, ils auront parcourus 26993 milles à la vitesse moyenne de 22,2 noeuds.


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2007 : Arrêt brutal au large de la Nouvelle-Zélande pour Groupama 3

Retrouvez l'intégralité du suivi de cette tentative en pdf, à télécharger ICI



© Team Groupama


2009-2010 : Le duel n'aura pas lieu

 

- Groupama 3 de Franck Cammas : trimaran de 31,50 mètres
- Banque Populaire V  de Pascal Bidégorry: trimaran de 40 mètres


© Yvan Zedda/ Groupama SA

Premier à lancer les hostilités, Franck Cammas et ses 9 équipiers s'élancent pour une tentative de tour du monde début novembre, ils seront stoppés par une casse au niveau du bras de liaison arrière, au large de l'Afrique du Sud, après une descente rapide de l'Atlantique. Les hommes du team Groupama mettent en place un chantier au Cap pour réparer cette avarie, le convoyage retour permet un nouveau début de stand by début janvier.

Pendant ce temps, Banque Populaire V, skippé par Pascal Bidégorry patiente toujours à Brest, malgré quelques fenêtres intéressantes. Contre toute attente, et peu avant la fin de la période de stand by, Groupama 3 s'élance à nouveau sur une fenêtre extrêmement serrée, l'équipage parvient cependant à avaler l'Atlantique Nord à haute vitesse et s'offre le 2ème temps sur le tronçon Ouessant-Equateur, le Pot au Noir est traversé sans problème, mais la descente de l'Atlantique Sud est nettement plus compliquée et le trimaran passe le Cap de Bonne Espérance avec 7h30 de retard sur Orange 2.

A Brest, Pascal Bidégorry renonce à une tentative de Jules Verne pour cet hiver, et remet donc la première tentative du trimaran Banque Populaire V autour du monde à l'année prochaine.

L'indien permet de combler une partie du retard accumulé, le début du Pacifique est favorable avec des journées à plus de 30 noeuds, la fin de cet océan mettra de nouveau en difficulté l'équipage qui doit incurver sa route vers le nord pour éviter une dépression.

© Team Groupama

Cependant, le Cap Horn est passé avec quelques heures d'avance sur le temps du record mais l'entrée dans l'Atlantique Sud est de nouveau complexe avec un anticyclone qui barre la route du maxi multicoque. L'équateur est franchi avec 26 heures de retard, l'atlantique nord sera plus favorable puisqu'une dépression mènera hommes et bateau jusqu'à la ligne franchie après 48 jours, 7 heures, 44 minutes.


Franck Cammas, Lionel Lemonchois, Thomas Coville, Bruno Jeanjean, Stan Honey, Stève Ravussin, Fred Le Peutrec, Loïc Le Mignon, Ronan Le Goff et Jacques Caraës battent donc le record d'Orange 2 de 2 jours, 8 heures et 35 minutes, ils ont effectué le tour du monde à 23,16 noeuds de moyenne.

2011 : Echec pour Banque Populaire V

 

- Banque Populaire V  de Pascal Bidégorry: trimaran de 40 mètres


2011-2012 : Le triomphe du maxi Banque Populaire V

 


- Banque Populaire V  de Loïck Peyron: trimaran de 40 mètres

Loïck Peyron, Juan Villa, Fred Le Peutrec, Ronan Lucas, Thierry Chabagny, Florent Chastel, Yvan Ravussin, Pierre-Yves Moreau, Emmanuel Le Borgne, Kevin Escoffier, Xavier Revil, Jean-Baptiste Le Vaillant, Brian Thompson, Thierry Duprey Du Vorsent décrochent le Trophée Jules Verne en 45 jours 13 heures 42 minutes 53 secondes de mer, les marins ont bouclé leur tour du monde après 29 002 milles à une vitesse moyenne de 26,51 nœuds.





Tour du monde en solitaire sans escales en multicoque


Parcours
Couper la ligne de départ définie par une ligne imaginaire, reliant le phare de Créac'h sur l'île d'Ouessant et le phare du Cap Lizard ou le phare du Petit Minou et la balise des Fillettes à la sortie du goulet de Brest. Faire le tour du monde en laissant à bâbord le Cap de Bonne Espérance, le Cap Leeuwin et le Cap Horn. Recouper la ligne définie ci-dessus en sens inverse.

2007 : Duel de (quasi) sisterships :

Joyon plus rapide que les équipages !!
Le tour du monde en solitaire en 57j 13h 34min et 6s
Idec a passé la ligne d'arrivée de son tour du monde en solitaire à 00h40 , il explose le record d'Ellen MacArthur de  2 semaines, avec une moyenne 4 noeuds plus rapide, soit 19 noeuds sur l'ensemble de son tour du monde. Nettement plus impressionant Francis Joyon s'adjuge le 2nde performance de tous les temps autour du monde, devant les équipages du trophée Jules Verne (Cheyenne de Steve Fossett en 2004, Géronimo d'Olivier de Kersauson en 2004, Orange de Bruno Peyron en 2002....) Seul Orange II et ses 14 hommes d'équipage, actuels détenteurs du Trophée Jules Verne, auront été plus rapides autour de la planète, un superbe exploit unanimement reconnu par l'ensemble de la communauté vélique. Rappelons aussi que Francis a accompli ce tour du monde sans énergie fossile, tirant l'énergie nécessaire à la bonne marche du bateau grâce à des panneaux solaires, une pile à combustible et à une éolienne.


Comme à son habitude Francis Joyon salue ses partenaires, ses préparateurs, les constructeurs, les architectes et minimise son "rôle" dans cet performance, mais force est de constater qu'il mérite tous les superlatifs employés depuis son arrivée pour cette magnifique performance sportive mais aussi humaine.
Encore Bravo à Francis pour ce superbe tour du monde!


Retrouvez le suivi de ce record et de la tentative de Thomas Coville sur ce même parcours en pdf : ICI



© Andrea Francolini / DPPI







Record de l'Atlantique Nord :
Ambrose-Cap Lizard

Le parcours : l'Atlantique d' Ouest en Est
le départ se fait du phare d'Ambrose au large de New-York avec une arrivée sur une ligne imaginaire entre le Cap Lizard (UK) et l'île d'Ouessant.

La météo :
Complexe autrefois, puisque les équipages devaient négocier au mieux le passage des dépressions successives pour arriver au large de l'Angleterre, avec des zones de calme entre le passage de deux dépressions successives, depuis l'arrivée de la nouvelle génération de classe G, la problématique est nettement moins compliquée, les météorologues cherchent une dépression qui traverse l'Atlantique et qui permettra de suivre au plus près l'orthodromie.
Le bateau effectue donc la totalité ou presque du parcours à des allures portantes, favorables à des performances élevées, les derniers records des 24 heures ont tous été battus sur ce parcours.
L'équipage s'élance au large de New York en queue de dépression, l'objectif étant de ne pas partir trop tôt pour ne pas se retrouver en avant de la dépression et donc de butter sur la zone de calmes qui la précède et de ne pas partir trop tard et risquer d'être décrocher de cette dépression et par conséquent de devoir attendre l'arrivée de la suivante pour reprendre de la vitesse.
Après le départ de New York, les bateaux se dirigent vers les bancs de Terre Neuve, dans des conditions de visibilité souvent difficilles, le brouillard étant très souvent persistant, l'équipage ne distingue parfois pas l'étrave du bateau, une fois les bancs dépassés, le bateau tente de filer droit vers le Cap Lizard si la météo le permet.

Historique :
1866 :
La première confrontation réelle sur l'Atlantique a eu lieu en 1866, elle opposera Vesta, une goélette de 31,5 mètres, Henrietta et Fleetwing, un acte notarié fixe la date de départ au mois de décembre, quelle que soit les conditions de vent et de mer.  Les frères Osgood, propriétaires de Fleetwing engagent Dick Brown, le skipper d'America qui ravit la coupe aux anglais en 1851,
James Gordon Bennett Jr, propriétaire de Henrietta et héritier du fondateur du New york Herald, débauche quant à lui un capitaine de clipper célèbre : Samuel Samuels.
Le départ est donné le 11 décembre dans des conditions musclées, seul James Gordon Bennett embarque à bord de son bateau, les propriétaires des deux autres goélettes préférants le calme des salons new-yorkais à l'agitation hivernale de l'Atlantique.
Henrietta prend rapidement l'avantage, sous l'impulsion de son capitaine qui maintient une voilure conséquente malgré les conditions, notons que Samuel Samuels qui avait accepté de prendre le commandement du bateau contre 10000$ était tout à fait confiant sur les capacités du navire et de l'équipage puisqu'il avait misé les 2/3 du montant de son contrat sur sa victoire.
Après trois jours à un rythme soutenu l'équipage se met à la cape, au 8ème jour de course, Vesta reprend l'avantage et pointe en tête.
Au 11ème jour, Vesta toujours en tête est talonné par Henrietta à moins d'une heure, cette avance ne sera pas suffisante et le bateau de  James Gordon Bennett remporte la première transatlantique en 13 jours et 21 heures 45 minutes. Fleetwing arrive second après la perte de 6 marins dans un coup de vent le 19 décembre, Vesta se classe troisième.
1887 :
Changement de parcours, sous l'impulsion de Rufus T.Bush, un magnat de l'immobilier qui lance son défi par voie de presse, la traversée de l'Atlantique se fera entre New York et l'Irlande, seul l'héritier de l'inventeur du Colt relève le défi, il engage Samuel Samuels pour prendre le commandement de Dauntless, goélette rachetée à Gordon Bennett, Colt suivra les pas de l'ex propriétaire et embarquera sur son bateau alors que Bush suivra les performances de Coronet dans la presse.
Le départ est donné le 10 mars 1887, comme à son habitude Samuel Samuels impose un rythme élevé à son adversaire et Dauntless parcourt même 328 milles en 24 heures. Sur Coronet, la recherche de la performance est nettement moindre, malgré tout, le bateau de Bush prend la tête de la course, alors que Dauntless fait fasse à de sérieuses avaries.
Coronet arrive en vainqueur à Cork avec trente heures d'avance sur le bateau de Gordon Benett qui présente deux trous percés à l'étrave au niveau de la flottaison, les pompes ayant fonctionnées une bonne partie de la traversée pour maintenir le bateau à flot, Samuels dénonce un sabotage organisé par son adversaire mais sans pouvoir fournir de preuves.
Bush s'empresse de vendre sa goélette avec une plus value de 50000$ par rapport à son prix de construction.
1905 :
Après l'échec d'une nouvelle transtalantique en 1903, Sir Thomas Lipton lance un nouveau défi aux autres propriétaires de goélettes, qui rencontre un joli succès.
Les engagés sont :   Thistle, 33m, propriété du commodore Tod (USA)
Endymion, 41m (USA)
Ailsa, 27m, plan Fife (USA)
Apache (USA)
Fleur de Lys (USA)
Utowana
Atlantic, 56m,propriété de Wilson Marshall (USA)
Sunbeam (UK)
Valhalla (UK)
Hamburg (ALL)
Hildegarde (ALL)

Le départ est donné le 17 mai 1905, la flotte reste groupée sur une route sud pendant les trois premiers jours, puis Atlantic s'écarte et monte au nord, Charlie Barr, le skipper conserve une voilure conséquente, ce qui s'avère payant puisque la goélette parcours plus de 300 milles par 24 heures, l'équipage Atlantic creuse une avance confortable et arrive en Angleterre en vainqueur après 12 jours 4 heures 1 minute.Ce record remarquable restera la référence sur l'Atlantique Nord pendant 75 ans !

1980 :
L'hebdomadaire français le Point et le Sunday Times s'allient en 1980 pour offrir un prix de 50000$ à l'équipage qui battra le temps de référence d'Atlantic, qui reste le temps à battre malgré de multiples tentatives. L'attente sera de courte durée puisqu'Eric Tabarly et ses trois équipiers battent très largement ce temps peu après, ils traversent l'Atlantique Nord sur le foiler Paul Ricard en 10 jours 5 heures et 14 minutes.

1980-1990 :
Les tentatives sur les grands multicoques se multiplient, en 1981, Marc Pajot et ses hommes améliorent le temps de Tabarly de 19 heures sur Elf Aquitaine.
En 1984, Patrick Morvan améliore le temps de Pajot de 24 heures sur Jet Services II.
En 1986, Loick Caradec et son équipage abaissent le temps du record à 7 jours 21 heures et 5 minutes sur Royale II.
L'année suivant, en 1987, ce temps est à nouveau battu par Philippe Poupon sur Fleury Michon VIII.
Serge Madec battra le record deux fois de suite en cette fin de décennie avec un temps de 6 jours 13 heures et 3 minutes en 1990 sur Jet Services V.

2001 :
Steve Fossett et son maxi catamaran de 38m, Playstation entrent en scène, dès la première tentative l'équipage rencontre des conditions extrêmement favorables et foncent sur la route orthodromique, le record est porté à 4 jours 17 heures et 28 minutes.



2006 :
Après la tentative ratée de 2004, Orange II, le maxi catamaran de Bruno Peyron s'aligne à nouveau sur la ligne de départ du record en août 2006, l'équipage attaque fort ce début de parcours avec deux journées à plus de 32 noeuds de moyenne au cours desquelles ils améliorent leur propre record des 24 heures avec 766 milles. Cependant la bonne marche du bateau sera vite handicapé par une collision avec un OFNI qui arrache une bonne partie d'un des safrans, pour la sécurité des hommes, la vitesse est alors limitée, mais l'avance reste suffisante pour battre le record et de le porter à 4 jours 17 heures 28 minutes.

2007 :
  • 22/07/07 : Groupama 3 : record de l'Atlantique Nord en cours, avec comme première satisfaction le record des 24 heures, 794 milles au compteur lors de la première journée soit plus de 33 noeuds de moyenne, depuis Groupama 3 a été handicapé par la casse du foil babord, le bateau a retrouvé tout son potentiel depuis le dernier empennage, mais accuse un retard de 80 milles à un peu plus de la moitié du parcours, cependant au vue des performances du bateau, ce retard ne parait pas insurmontable et le finish devrait être haletant.
  • 23/07/07 :  Groupama 3 reprend l'avantage et possède quelques 25 milles d'avance à 20h30 alors qu'il reste 100 milles à parcourir pour Franck Cammas et ses équipiers, selon toute vraissemblance le record devrait être battu, puisque le bateau peut filer droit vers le cap Lizard alors qu'Orange II avait du effectuer deux empennages sur la fin du parcours lors de son record, ce qui l'avait considérablement retardé, le trimaran devrait battre le record entre minuit et 2 heures , ce qui permettrait de battre le record de Peyron d'environ 4 à 5 heures.
  • 24/07/07 : Franck Cammas, Franck Proffit, Stève Ravussin, Frédéric Le Peutrec, Sébastien Audigane, Yann Guichard, Ronan Le Goff, Bruno Jeanjean, Loic Le Mignon, Pascal Blouin sont les nouveaux détenteurs du record de l'Atlantique Nord, ils ont traversé l'Atlantique Nord entre New York et le Cap Lizard en 4 jours 3 heures 57 minutes et 44 secondes, à la vitesse moyenne de 26,88 noeuds, améliorant le précédent record (détenu par Bruno Peyron et son équipage sur Orange II) de 4 heures et 26 minute
2009 :
  • Banque Populaire V et Groupama 3 s'élancent à quelques heures d'intervalle sur le même parcours, les deux équipages bénéficient de conditions parfaites pour leurs maxis trimarans, Pascal Bidégorry et ses hommes font parler la puissance supérieure de leur bateau et accélèrent, ils décrochent le record de 24 heures avec 908 milles, ils se présentent également en premier sur la ligne d'arrivée avec un temps canon de 3 jours et 15 heures à près de 33 noeuds de moyenne sur un seul bord du départ à l'arrivée. Franck Cammas et ses équipiers sur Groupama 3 échouent à 3 heures de leur adversaire et sont dépouillé de leur record sur l'Atlantique Nord.




Les détenteurs :
En équipage :
Pascal Bidégorry et son équipage sur Banque Populaire V en août 2009, en  3 jours 15 heures 25 minutes et 48 secondes. Moyenne : 32,94 noeuds.
En solitaire : Thomas Coville sur le trimaran Sobed'O, arrivée le 15 juillet
2008, en 5 jours, 19 heures, 29 minute et 20 secondes. Moyenne : 25 nœuds.




Route de la Découverte :
Cadix-San Salvador


Le parcours : l'Atlantique d'Est en Ouest
Le départ se fait à l'extrême sud de l'Espagne et l'arrivée de l'autre côté de l'Atlantique : à San Salvador, une des îles des Bahamas.


La météo :
La première partie du parcours, entre Cadix et les Canaries est souvent sous l'influence de vents de Nord Nord-Est favorable à la progression des bateaux, des régimes dépressionaires peuvent générer des vents de face, cette situation défavorable au niveau temps oblige alors les marins à reporter leur tentative. Ensuite le marin a deux solutions, continuer sur l'orthodromie au nord (la route la plus courte) ou partir au sud pour bénéficier des Alizés si ils sont établis, au niveau des 35°W le flux devient souvent instable et la météo dépend alors des anticyclones des Açores et de celui situé niveau des Bermudes, si ils sont bien établis, ils généèrent un alizé d'est favorable , si l'un des deux n'est pas établi de façon satisfaisante il faudra plonger au sud pour trouver un flux plus favorable à la progression vers les Bermudes.

Les détenteurs :
En équipage :
Franck Cammas sur Groupama 3 : record battu en 7 jours 10 heures 58 minutes et 53 secondes en avril 2007.
En solitaire :  Thomas Coville sur Sodebo (trimaran 60' ORMA) en 10j 11h 5min 46s entre juillet 2005 et novembre 2008
                    Francis Joyon sur Idec en 9 jours 20 heures 35 minutes et 3 secondes depuis le 7 novembre 2008

Les tentatives :
En équipage : Lionel Lemonchois sur Gitana 13 départ le 18 mars - Abandon après la casse d'un safran, suite à une collision avec un OFNI, le 20 mars.
                     Franck Cammas sur Groupama 3 : record battu en 7 jours 10 heures 58 minutes et 53 secondes.
En solitaire :   Roman Paszke sur Bioton (abandon pour problème de pilotes automatiques défaillants)






Route de l'Or :
New York - San Francisco


Les détenteurs :
En équipage : Lionel Lemonchois et son équipage sur Gitana 13 en 43 jours 38 minutes depuis le 25 février 2008.


© Gitana SA



Vous améliorez le temps de référence détenu par Yves Parlier depuis 1998 de plus de 14 jours. Est-ce comparable, quelles sont vos premières impressions ?
« C’est évident que le potentiel du bateau de Yves Parlier (monocoque 60 pieds Aquitaine Innovations, ndlr) et celui de Gitana 13 sont sans comparaison. Ce qui est par contre intéressant à comparer ce sont les conditions météo. En 1998, Yves avait - je m’en souviens puisque j’y étais -, bénéficié de conditions plus avantageuses : le cap Horn ne l’avait pas fait patienter pendant cinq jours et la remontée du Pacifique avait été très favorable. Pour ma part, c’est la troisième fois que je fais ce parcours, et j’ai toujours retrouvé la même complexité météorologique. La route est truffée d’embûches et de passages délicats à négocier. Et puis c’est très long ! Ce record demande de gérer parfaitement le bateau : pour ne pas casser, il faut savoir quand aller vite et quand lever le pied.»

Pourquoi avoir choisi de vous attaquer à la Route de l’Or, alors qu’aucun maxi-multicoque ne s’y était attaqué à ce jour ?
« C’est justement parce qu’aucun maxi-multicoque ne s’y était jamais attaqué que je voulais être le premier à le tenter … J’espère que cela donnera l’idée et l’envie à d’autre de s’y lancer. La Route de l’Or propose, pour moi, l’un des parcours les plus intéressants et il a une véritable légitimité historique. Puis, il s’inscrit parfaitement dans le programme de Tour du Monde en record que nous nous sommes fixés cette année avec le Gitana Team.
Lors de mes deux participations aux côtés d’Isabelle Autissier, je n’étais que « simple équipier». Personnellement, repartir sur New York – San Fransisco en tant que skipper d’un catamaran de 33 mètres et de commander un équipage de neuf hommes pendant plusieurs semaines, était aussi pour moi un véritable défi. »

Le Cap Horn s’est montré peu hospitalier avec vous, comment ont été vécus ces cinq jours d’attente par l’équipage ?
« Rester bloqué devant le Cap Horn était une éventualité que nous avions envisagé avant de partir. Evidement, nous ne pensions pas y rester cinq jours, mais nous avons pris ça comme une fatalité et l’important dans ce genre de trajet est de finir .Il n’était, de toutes façons, pas envisageable de se retrouver au vent de la côte patagonienne avec des vents de 60 noeuds et plus, cela aurait suicidaire.»

Un mot sur le bateau ? Et sur vos neuf hommes d’équipage ?
« Gitana 13 n’est pas un bateau récent ; il a plusieurs Tours du Monde à son actif et est passé dans plusieurs mains : Loïck puis Bruno Peyron, Ellen MacArthur. Les nombreuses améliorations apportées par le Gitana Team depuis le rachat du Baron Benjamin de Rothschild en 2006 ont permis d’améliorer ses performances et sa viabilité. Gitana 13 ne nous a vraiment pas déçu.
Chaque personne présente à bord de Gitana 13 pendant ce record a été choisie pour ses compétences maritimes mais aussi pour ses qualités humaines. Faire cohabiter dix personnes dans un espace restreint pendant plusieurs semaines est un véritable défi en soi. L’ambiance a bord est restée la même du début à la fin et tout le monde a parfaitement rempli son rôle dans une très grande convivialité et un très grand respect de l’autre. Et ce même dans les moments difficiles … Personne n’a songé à se plaindre et tous sont fières d’être à bord de Gitana 13. »

Si vous deviez garder un souvenir particulier de ce record, lequel serait-il ?
« Il est évident que sur ce genre de parcours, le passage du Cap Horn reste le moment fort de cette traversée .L’arrivée aux abords du « caillou » en fin de journée avec son coté sombre et imposant ne nous a pas laissé indifférent, surtout pour ceux qui venait le défier pour la première fois. Cela reste à chaque fois une grande émotion ! Je remercie le Baron Benjamin de Rothschild de nous avoir fait confiance et de nous avoir laissé la chance de nous attaquer à ce record.»

Quel est votre programme et celui de Gitana 13 pour la suite ?
« Notre prochain objectif est le record San Francisco – Yokohama (détenu par Geronimo en 14 jours 22 heures 40 minutes), avec un départ prévu d’ici trois à quatre semaines. En attendant, le bateau restera en stand by à San Francisco et nous patienterons afin de profiter de conditions optimales pour ce parcours. Ce sera également l’occasion d’un repos bien mérité pour mes équipiers après plus de six semaines de mer. Tout l’équipage rentre quelques semaines en France, à l’exception d’une personne qui restera ici pour veiller sur Gitana 13.»

25/02/08 : Le communiqué de presse du Gitana Team à 1000 milles de San Francisco :
Depuis plus de trois jours, le maxi-catamaran armé par le Baron Benjamin de Rothschild profite d’un flux de Nord-Est d’une quinzaine de nœuds pour grimper avec la dorsale de l’Anticyclone. Ces conditions stables associées à une mer relativement calme ont permis aux hommes de Lionel Lemonchois d’aligner de belles moyennes tout au long du week-end. « Nous sommes au près mais au près débridé, à 60°du vent, sous grand voile haute et solent. Il y a très peu de mer, ce qui nous permet de tenir des vitesses élevées bien que nous soyons à une allure que n’affectionne pas notre monture ! » soulignait Dominic Vittet.
Sur le pont, les quelques rares embruns qui viennent effleurer le filet de Gitana 13 autorisent une navigation en cirés légers. Une tenue adéquate dans les températures encore agréables qui règnent au large du Mexique.
Cap au Nord-Ouest, le catamaran de 33 mètres arrondit sa trajectoire pour conserver un angle de vent favorable. Il devrait en être ainsi jusqu’en milieu de semaine, avant que Lionel lemonchois et ses équipiers ne changent d’amure ; un virement de bord obligatoire pour rejoindre la Baie de San Francisco à la faveur d’un flux qu’ils espèrent de Nord Nord-Ouest. « Nous sommes toujours tribord amure et ce pour deux jours encore. Selon les dernières prévisions nous aurons au moins un virement de bord à réaliser 24 ou 36 heures avant notre arrivée, car nous allons buter sur la bordure de l’Anticyclone. Mais d’autres petits virements seront peut-être à envisager afin de rester dans la bonne veine de vent ».
Au vu des derniers routages, Dominic Vittet estimait que Gitana 13 pourrait se présenter au pied du célèbre Golden Gate Bridge jeudi 28 février dans l’après-midi (heure US) et clore ainsi une formidable aventure de plus de six semaines. D’ici là, de belles heures de navigation attendent encore les dix marins du Gitana Team.

Retrouvez l'intégralité du suivi de ce record en PDF, à télécharger ICI



© Gitana SA